Stabilité et instabilité :
Depuis quelques années on entend trop souvent parler d’instabilité spirale. Mais qu’est-ce exactement que l’instabilité ou la stabilité spirale ?
Lorsqu’on met une aile en virage ‘engagé’ et que l’on remet les mains et la sellette au neutre, l’aile peut réagir de trois manières différentes :
Stabilité : elle revient naturellement au vol droit
Neutralité : elle reste en virage
Instabilité : elle accentue son virage
A mon humble avis c’est un peu exagéré que de dire qu’un parapente est instable en spirale. En revanche, il est probable que certains modèles soient neutre spirale, c'est-à-dire qu’ils restent en virage si le pilote se remet en position de neutralité en virage. Dans certains cas, les conséquences peuvent et ont déjà été dramatiques.
De plus il faut intégrer deux paramètres physiologiques importants :
- Une spirale engagée soumet le pilote à une force centrifuge importante. Les ‘G’ pris lors d’une telle manœuvre peuvent dépasser la tolérance du pilote. Les signes avant-coureurs sont une vision qui se rétrécit et la disparition des couleurs (vous voyez en noir et blanc)…
- Le pilote tourne à une vitesse où le vent couvre tous les sons alentours. Dans le cas d'un exercice sous contrôle radio, l'élève peut ne plus entendre le moniteur.
Revenons donc au titre de l’article, ou en quoi la traînée peut-elle vous sauver ?
La sortie d’une spirale engagée est très technique, dans la mesure où le pilote a accumulé une grande quantité d’énergie. Une aile ne peut dissiper cette énergie que de deux manières :
- En remontant
- Dans la traînée
Dans le premier cas, le pilote devra se préparer à contrer une attaque oblique (abattée dissymétrique) plus ou moins importante, même s’il sort de la spirale en plus d’un tour.
Dans le deuxième cas en revanche, si la traînée absorbe l’énergie, l’aile se remettra d’elle-même en vol droit.
Alors comment faire ?
Il suffit de descendre la main extérieure au niveau de la main intérieure. Une fois que les deux mains sont au même niveau, vous continuez à baisser les deux mains symétriquement jusqu’au taux de chute mini de votre aile.
Une fois l’aile en vol droit, il vous suffit de rendre progressivement la vitesse à votre aile.
Le tour est joué… Tous les pilotes qui posent en ‘3-6’ le savent.
Bons vols
Soyez prudent
Texte : Laurent Van Hille – Les choucas
Croquis : Olivier Caldara – Bio Air Technologies |