Le parachute de secours fait maintenant partie de l’équipement de base du parapentiste. C’est une sécurité passive, au même titre que le casque, la protection dorsale ou les chaussures montantes.

Mais si de plus en plus de pilotes sont équipés de secours, ou pensent s’en équiper très bientôt, il manque à bon nombre d’entre eux les informations les plus élémentaires pour veiller à son bon fonctionnement.
Il ne faut pas croire que le parachute de secours soit une poignée rouge que l’on tire quand on le sent plus et qui vous permette de descendre lentement dans de l’eau couleur lagon à une t° de 30° avec un petit bateau qui vient vous chercher. Ca c’est dans les films du vertigo ou de l’Acrolac. 

Pas de doutes, le secours c’est plein de contraintes. Il faut faire plus attention au maniement de la sellette, c’est lourd, il ne faut pas oublier la  checklist à chaque vol, le pliage tous les six mois et puis...le prix !
Mais bon ça peut sauver votre peau, alors les désagréments, on peut passer au dessus. Le tout c’est d’en connaître le minimum pour ne pas faire de ‘conneries’. 

Tous ce que vous devriez savoir sur les secours sans avoir à poser la question : 

Dans quel cas je tire sur la poignée ?

  • La collision en l’air. Parce que j’accepte pas les passagers clandestins. Remarquez si vous pouvez éviter l’accrochage, c’est pas pire.
  • Une sortie irréversible du domaine de vol. Normalement, si vous volez avec une voile à votre niveau dans des conditions que vous gérez, ça devrait pas arriver.
  • Une rupture de matériel. Y’a une solution pour éviter ça : la révision annuelle de votre matos.

Chacun de ces cas est malheureusement déjà arrivé. Pensez-y avant de crier ‘au secours’

 Quel parachute choisir ?

 
         
 
parachute secours apex
parachute secours double coupole
parachute de secours rogallo
 
 
Apex
Double coupole
Rogallo
 
         
 
  • Le parachute à APEX : c’est celui qui a une suspente centrale. Il est rapide à l’ouverture, d’un taux de chute tout à fait correcte (pour un secours) et le plus abordable d’un point de vue financier.
  • Le double coupole : c’est celui qui a une coupole supérieure et une coupole inférieure séparées par des petites ouvertures. Il a l’avantage d’être plus stable au dessus de la tête, mais l’inconvénient d’être un peu plus cher.
  • Le Rogallo : c’est celui qui a une forme triangulaire et qui est dirigeable. Mon point de vue est qu’il comporte encore trop d’inconvénients pour se permettre de s’en équiper.

Note : nos voilures principales sont condamnées à terminer le vol avec nous (ou peut-être est-ce l’inverse), or ce type de secours ne peut s’utiliser qu’avec une voilure largable, afin d’éviter les risques d’effet miroir.
Des systèmes de largage de voile existent, mais d’une part le largage ne peut pas toujours s’effectuer (ex : près des reliefs) et d’autre part, le largage n’est pas sans risque (ex : elle peut s’emmêler dans le secours ou finir son vol sur une ligne électrique ou une autoroute)

Vérifiez lors de l’achat deux choses : que le parachute est homologué et qu’il est au bon PTV.

 Quel type d’élévateurs choisir ?

Pendant longtemps, on a conseillé les élévateurs en H. Mais ces élévateurs se sont avérés beaucoup moins stable que les élévateurs en V. Je vous conseil donc les élévateurs en V.

 
         
 
elevateur secours en V et en H
 
         
 

Quelle position de secours choisir sur la sellette?

  • Dans le dos : que ce soit en haut ou en bas du dos, le gros inconvénient c’est que la poignée est peu visible et la longueur de sangle (entre poignée et pod)  est longue, ce qui peut rendre le mouvement de jeté plus technique.
  • En latéral : Le gros inconvénient, c’est que le poids il n’est que d’un côté. Mais on a une bonne visibilité sur la poignée. Les allemands en sont friands.
  • En ventral : ben là ce qui est cool, c’est qu’on a le nez sur la poignée. Donc, vous ne devriez pas la rater. Ce qui l’est moins, c’est qu’à chaque vol vous devez l’attacher et le détacher et plus y’a de manipulations, plus il y a de risque de mal faire ou de ne plus faire.
  • Sous les fesses. En langage scientifique, on dit sous-cutal (sous le cul quoi) : c’est la position la plus utilisée. Les avantages sont que la poignée est visible, le poids est sous le centre de gravité du pilote, le mouvement d’extraction est plus naturel, mais pas pour autant évident. L’inconvénient c’est que le secours est plus facilement en contact avec un sol humide. Donc, ne posez pas votre sellette n’importe où et ne vous essayez pas dessus.

Note : pour cette position, un nouveau container de secours est apparu : Le tiroir.
C’est un ‘cylindre de tissu’ aux dimensions du pod, cousu à une extrémité et fermé par deux épingles à l’autre.
Il a l’avantage d’être plus ergonomique et donc de minimiser les risques d’accrochage de suspentes ou d’obstacles lors du décollage.

Pourquoi le cône du secours doit-il être plus court que celui de l’aile ?

Si le cône du parachute de secours est plus long que celui de la voile, il risque d’être dans la dépression de l’aile et de ne pas s’ouvrir, ou de se dégonfler et là c’est dommage.

position du parachute de secours par rapport à la voile
 
         
 

C’est quoi cette histoire d’épingle plus courte que la sangle de je ne sais plus quoi ?

Ben c’est simple, il y a deux sangles qui partent de la poignée de secours. L’une va s’ancrer sur le pod et l’autre, équipée d’une épingle, ferme les rabats de la poche parachute. Si celle qui va au pod est plus courte que celle qui ferme la poche parachute, ben vous allez tirer sur le pod sans ouvrir la poche parachute. C’est comme vouloir sortir d’une voiture sans ouvrir les portes… c’est pas pratique. 
Concrètement : Le mieux est de vérifier, en tirant doucement sur la poignée, que l’épingle bouge librement et que ce n’est pas l’autre sangle qui se tend en premier.
NOTE : La plupart des pods sont équipés de deux points d’ancrage pour la poignée. L’une est en position centrale et est destinée au secours en VENTRAL. L’autre est excentrée et est destiné à tout autre type de secours.

 
         
 

 Le secours, on l’attache où et avec quoi ?

On l’attache par les élévateurs livrés avec le secours aux points d’ancrage de la sellette situés au niveau des épaules. Le meilleur compromis pour faire le lien entre les élévateurs et la sellette est le mousqueton ‘Peguet Carré’ de 7 mm. Sa résistance est de 3 tonnes, ça devrait suffire.

Pourquoi certaines sellettes sont équipées d’élévateurs de secours ?

Pour les normes demandés pour les tests. Ces derniers exigent que le lien sellette – élévateurs se fasse sans mousqueton ou maillon. En général, il est préférable de mettre ceux qui sont livrés avec le secours et de retirer ceux de la sellette.

Quel entretien faut-il apporter au secours ?

C’est un peu comme une voile, Il faut le stocker dans de bonnes conditions, éviter de s’assoir dessus (surtout lorsque le sol est mouillé), le manipuler dans un endroit propre et sec, … 
Sinon, il est fortement conseillé de l’aérer tous les six mois et donc, de le replier. Et pour les pliages, c’est comme les voitures… on marque la date du prochain pliage quelque part où on ne peut pas l’oublier. Par exemple sur son casque ou sur l’étiquette de la voile.

Et la checklist ?

Elle n’est pas très compliquée. Avant chaque vol, vous vérifiez que la ou les épingles sont bien en place et que la poignée est bien attachée.

Et les simulations ?

Il y a trois types de simulations :
·        A chaque vol calme, allez poser la main sur votre poignée sans la regarder.
·        Avant chaque pliage, attachez votre sellette à un portique et tirez le secours pour le jeter loin derrière.
·        Dans le cadre d’un stage SIV, demandez à faire une simulation en vol.
Vous pouvez pratiquer les deux premières seul autant de fois que vous voulez. La troisième ne s’improvise pas, elle exige la présence d’un professionnel.

 Et le pliage ?

Il y a des brochures qui expliquent point par point comment il faut faire. Mais je vous conseille de débourser quelques sous pour le faire plier par un professionnel. La plupart des écoles le font et si ce n’est pas le cas, elles connaissent des adresses. 

On sait vraiment quand on est dans la M….?

Je me suis posé cette question jusqu’à ce qu’arrive le jour fatidique  et rassurez-vous, OUI, on sait. Il y a comme une lampe rouge qui s’allume dans votre tête et qui dit ‘Là mon gars c’est le moment de voir si ça marche’. 

Et après ?

Ben après, c’est pas des vacances. Il faut empêcher la voile de voler. Pour ça, vous tirez les B, les C, les D ou les freins (ce que vous pouvez chopper) de manière symétrique, jusqu’à ce que l’aile se mette au dessus de vous.
Et il ne vous reste plus qu’à attendre impuissant le sol. 
J’ai tiré trois fois le secours, deux fois au dessus de l’eau et une fois au dessus du sol. Dans les trois cas, j’ai trouvé que ça descendait vite. Alors ne vous dites pas ‘j’m’en fout, j’ai le secours’. Parce que tirer le secours, c’est jamais un pur moment de bonheur.

 
         
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