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Cette phase finale du vol ne semble pas être maîtrisée par tous les pilotes. C’est du moins ce qui transparaît lorsque l’on passe une demi-journée sur un terrain d’atterrissage à observer les parapentistes se poser.
Rare sont les approches construites où la voile est pilotée jusqu’à toucher le sol.
C’est pourtant la phase la plus dangereuse du vol !
Alors ensemble, nous allons reprendre tous les points qui peut-être vous permettront de mieux vous poser et surtout de ne plus angoisser.
Les différents types d’approche
Au risque de se répéter un peu, on va reprendre l’ensemble des approches qu’il est indispensable de maîtriser pour pouvoir se dire ‘autonome à l’atterrissage’.
C’est l’approche la plus répandue. La succession des différentes étapes (vent arrière, étape de base et finale) autorise un ajustement qui permet d’éviter tout virage engagé près du sol. Il suffit de s’éloigner du terrain si l’on est trop haut et de s’en rapprocher si l’on est trop bas.
C’est aussi une approche qui permet à plusieurs pilotes de se poser en même temps sans se gêner.

Les PTS et PT8 sont d’avantage des ajustements (qui suivent une PTU) que des approches en soi.
Sur certains terrains cependant (ex : obstacles haut des deux côtés du terrain) il est conseillé de poser en PTS ou PT8. Mais ne prenez pas cette habitude.
 
La vision que vous aurez du terrain en deux dimensions est totalement différente de celle que vous aurez une fois au dessus. Ne cherchez pas à vivre mentalement votre approche. Prenez simplement le temps de repérer votre terrain pour
- Le trouver depuis les airs
- Savoir où sont les indicateurs de vent (manche à air, flamme, drapeau,…).
- Situer les éventuels obstacles cachés (lignes électriques, relief du sol, …).
- Vous tenir au courant des règles locales en lisant les éventuels panneaux d’informations. Ils sont souvent accompagnés de photos aériennes de l’atterrissage.
Et ça s’arrête là. Ne gardez en tête que ce qui vous aidera et non ce qui vous embrouillera.
Dès que vous êtes en l’air, cherchez votre terrain des yeux. Vous éviterez ainsi de le cherchez une fois que vous serez à la bonne altitude pour rentrer ou encore de trop vous en éloigner. Profitez-en si possible pour repérer le sens du vent.
Perte d’altitude
Ne négligez pas cette phase du vol.
Si vous gérez mal cette perte d’altitude, vous allez accumuler une succession de petites erreurs qui sont souvent à l’origine des ‘hors terrain’ ou des atterrissages ‘survie’. Par contre, vous verrez à quel point se poser devient un jeu d’enfant lorsque cette phase du vol est maîtrisée.
Les problèmes en parapente viennent souvent d'un manque d'anticipation.

Au vent… toujours au vent du terrain, afin de profiter de lui pour rentrer et non pas l’avoir contre vous.
Ne vous collez pas au terrain, n’ayez pas peur de vous éloigner. En mettant ainsi de la distance entre le terrain et vous, vous allez avoir une meilleure idée de votre hauteur sol.
Et dans tous les cas, on ne SURVOLE JAMAIS LE TERRAIN.
Maintenant que vous êtes au dessus du terrain, vous avez le temps de le regarder et de choisir le cheminement qui vous paraît le plus simple et le plus approprié.
Choisissez votre approche en fonction des zones de dégagement que vous pouvez voir. Cherchez à ne jamais vous ‘verrouiller’.
Trouvez votre point d’aboutissement, votre cible (Sur un terrain sans obstacle, l’endroit idéal est le 1er tiers).
Ne la quittez plus des yeux, si ce n’est pour vérifier votre trajectoire. Il faut que ce point devienne votre unique repère d’altitude et de distance.
De nombreuses erreurs de précisions viennent du manque de regard.
Juste avant de rentrer en approche, vérifiez la direction et la force du vent sur le terrain.
Il est bon de vous définir une zone d’entrée en approche. A mesure que vous allez perdre votre altitude, vous allez vous rapprocher de cette zone. Toujours sans survoler le terrain.
Il est impossible de donner la hauteur de rentrée en vent arrière. C’est donc à vous de juger du bon moment.
Dès votre vent arrière vous allez devoir ajuster votre trajectoire en fonction de votre hauteur et de la manière avec laquelle vous descendez. Et c’est toujours le regard sur votre cible qui vous permettra de savoir si vous êtes trop haut ou trop bas.
Note : imaginez-vous à tout moment que vous vous dirigez droit vers elle. Allez-vous passer au dessus ou être plutôt juste ?
L’ajustement peut se faire au cours de la vent arrière, en vous écartant du terrain si vous êtes trop long ou en vous en rapprochant si vous êtes trop court.
Et si vous êtes un peu long en étape de base, vous pouvez enchaîner sur une PTS ou une PT8.

Le final
Il est temps de vous aligner FACE AU VENT. La cible ne compte désormais plus, seul l’axe du vent est important. S’il est légèrement travers, vous pourrez, par un virage doux, vous mettre face à lui.
ATTENTION : en final on est très près du sol. PAS DE CORRECTION BRUSQUE de dernière minute du genre ‘j’enfonce la commande sous les fesses pour me mettre face qu vent’.
Et si vous êtes trop long ? Pas de panique… Soit vous avez la place et la hauteur pour faire un S, soit il vous reste la possibilité de ‘casser votre finesse’ en freinant symétriquement. Votre aile volera alors moins bien et posera plus court. C’est d’autant plus vrai que le vent est fort.
Note : je conseille vivement de mettre au point cette technique avec un moniteur.
Parfois, on se trompe, on juge pal les distances, la force du vent,… Si ça vous arrive, ne forcez pas le passage. Cherchez un terrain de secours.
Et surtout NE JAMAIS PANIQUER, ça retire toutes les capacités de réflexion.
Vous avez les deux pieds au sol. OK, c’est cool. Mais ce n’est fini que quand la voile est posée par terre, ‘hors d’état de nuire’.
Et si vous êtes au sol et qu'il vous vient à l'idée d'aller vers l'aire de pliage voile gonflée au dessus de la tête, assurez-vous que vous ne gênerez aucun autre pilote en approche ou en final. (Vous pouvez le gêner physiquement, mais vous risquez aussi de perturber ses repères)
Pour gonfler une aile, il y a d'autres endroits plus appropriés.
Interdit en approche :
- De survoler son terrain (comme vu ci-dessus)
- De faire un 360°. D’une part parce que vous allez perdre votre terrain de vue et d’autre part parce qu’en cas de vent soutenu, vous allez fortement dériver.
- De faire des gestes brusques, puisqu’on est près qu sol.
- De plier à l’endroit où vous avez posé. En faisant quelques pas, vous ne gênerez plus les autres et vous prouverez à tous ceux qui sont en l’air que vous pouvez… encore marcher.
Si vous êtes plusieurs en perte d’altitude, essayez de vous étager.
En approche à plusieurs, celui qui est en dessous a priorité, puisqu’il a moins d’énergie. Si vous êtes plusieurs en étape de base, partagez-vous le terrain.
Enfin évitez de plier sous une manche à air, vous la rendriez invisible depuis les airs.
Article écrit par Laurent Van hille
Pour les News SOL de mai 2005
Merci à tous ceux qui m'aident dans la correction. |